LA VASE

Se faire aspirer. Vers le bas. Puissamment. Irrésistiblement.

Une puissance aspirante me tire vers le bas. Ca se referme sur moi. Succion goulue. Ingestion. Je suis ingéré. Treuillé lentement vers un dedans opaque, humide, dense.

Mon corps écarte du mou sur son passage. Le mou ne demande qu'à s'écarter puis à se refermer, avec la même indifférence. Nul besoin de forcer. Le mou cède sa place sans résister longtemps. Je le troue, je le fore à ma forme passagère.

Je suis un moule que rien n'arrête. Tous mes angles, toutes mes difformités, sont épousées sans résistance.

Et puis comme si rien ne s'était passé, le mou se rejoint, se rapproche, effaçant par ce retour la creuse sculpture de mon corps si fortement désiré.

La vase est un milieu hospitalier qui ne refuse personne. Tous les corps sont également traités. Ni bien ni mal . La vase est un milieu amoral qui ignore le bien et le mal.

La vase n'est qu'un appétit. Un appétit sans limites. Tout lui est bon.

La vase est omnivore.

Les nuages ne s'attardent pas au-dessus de la vase. Ils craignent d'expérience sa fatale aspiration.

 

 

photo Jean-Pierre Estournet

La vasede Pierre Meunier et Marguerite Bordat
Un projet théâtral de Pierre Meunier et Marguerite Bordat
Une fabrication collective

Avec Thomas Mardell, Pierre Meunier, Jeanne Mordoj, Frédéric Kunze, Muriel Valat

Son : Géraldine Foucault, Hans Kunze, Thierry Madiot

Lumière : Bruno Goubert

Régie générale : Florian Meneret

Production / Diffusion : Florence Kremper
Administration : Caroline Tigeot

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